Le Bijou Chenille
1. Le lieu : La Maison des Écritures
On ne va pas se mentir : on va rarement au Saint-Esprit. Et je suis presque certaine que, pour la plupart d’entre vous, la Maison des Écritures est encore inconnue.
Pourtant, ce tout nouveau lieu culturel, inauguré le 23 avril dernier, est dédié à la création littéraire et constitue une véritable première en Martinique.
La Maison des Écritures est rattachée au Centre Culturel de Rencontre « Les Coulisses ».
Labellisée parmi un réseau très restreint de structures de ce type il y en a 24. La Maison des Écritures accueille en résidence des artistes au cœur de la ville : auteurs, écrivains, scénaristes, poètes ou encore créateurs.
La résidence leur permet de travailler dans un environnement propice à la création, de participer à des échanges, d’animer des ateliers, de rencontrer le public et de transmettre leurs savoirs, notamment auprès des scolaires.
Dans les années à venir, elle déménagera sur le site des anciens abattoirs de la ville.
C’est un lieu inspirant, porté par l’impulsion du maire Fred Michel Tirault et de sa directrice Yaïssa Bolivard. Située au 10 rue Aliker, cette magnifique maison créole dégage dès l’entrée une atmosphère particulière où l’on ressent déjà toute l’histoire et l’âme des lieux.
2. L’atelier : Bijou Péyi
J’ai découvert cet atelier grâce au flyer publié sur Discoveur. Il était proposé par Adeline Chapin, artisane bijoutière et archiviste, dans le cadre de sa résidence de médiation « Martinique Bijoux Héritage III ».
L’atelier était gratuit, accessible dès 7 ans, avec réservation obligatoire par téléphone.
Adeline nous accueille dans son salon autour d’une grande table. Nous sommes finalement onze participants : deux enfants, un homme et huit femmes.
C’est là que nous découvrons le bijou chenille. Il figurait pourtant sur le flyer, mais je n’y avais pas vraiment prêté attention. J'ai appris alors qu’il représente en réalité une chenille sphinx présente sur le pimentier.
Cette création est ainsi une représentation de la faune martiniquaise dans la bijouterie créole traditionnelle. Nous la découvrons à travers des photographies présentées et des modélisation de l'artiste.
Si l’on connaît davantage les motifs du forçat, du grain de café ou du tété négresse, on réalise rapidement l’extraordinaire diversité de cet artisanat local. Plus d’une dizaine d’étapes de façonnage sont parfois nécessaires pour aboutir à un seul bijou.
Passionnée, Adeline partage avec nous ses recherches, ses précédentes résidences, ses découvertes, mais aussi les difficultés rencontrées au cours de son travail de mémoire et de valorisation du patrimoine bijoutier martiniquais.
3. Les activités
-La première activité
Adeline nous propose de revisiter le bijou péyi à travers la pâte polymère.
Et nous voilà à pétrir, modeler, découper, dessiner et assembler cette matière pour créer nos propres interprétations autour du thème du bijou chenille : la chenille elle-même, le piment, les feuilles ou encore divers éléments inspirés de la nature martiniquaise.
Il faut imaginer, composer, assembler.
Chacun est concentré, petits et grands confondus.
Une véritable émulation règne autour de la table.
L’animatrice nous accompagne avec beaucoup de bienveillance dans nos créations.
Peu à peu, pendentifs, boucles d’oreilles et broches prennent forme.
Certains participants se sont montrés particulièrement prolifiques. Les réalisations sont magnifiques et l’on découvre de véritables pépites.
Une fois terminées, toutes les créations sont placées au four pendant une trentaine de minutes afin de les figer dans le temps.
-
La deuxième activité
Ce second temps est particulièrement riche en échanges.
Adeline anime ces moments avec beaucoup de naturel. Elle nous interroge sur notre rapport au bijou, sur ce qu’il représente pour chacun de nous, puis nous présente sa marque Calendé ainsi que sa démarche artistique. Elle mélange les matières, admire le faune et la flore, trouve des inspirations peyi pour façonner des modèles uniques.
Il s’agit de sa troisième résidence et l’on mesure à quel point le bijou a évolué au fil des années, tout en conservant une place importante dans notre histoire et nos traditions. -
Le défi créatif
Pendant la cuisson de nos œuvres, un nouveau défi nous est proposé : réaliser une carte toujours autour de la thématique du bijou chenille.
Dessin, collage, coloriage, découpage… chacun laisse libre cours à son imagination.
Chacun écrit au dos de la carte son ressenti sur cette expérience.
Au final, cet atelier dense, créatif et passionnant aura duré près de trois heures.
4. Une démarche patrimoniale
Les bijoux sont aussi vieux que l'homme, ils apparaissent dans toutes les civilisations.
Le projet Martinique Bijoux Héritage porte l’ambition de documenter et de transmettre l’histoire du bijou martiniquais à travers des recherches, des témoignages, des expositions et des ateliers.
Au-delà de cette quête patrimoniale, Adeline revisite également ces symboles locaux pour leur donner une expression contemporaine. Son emblème, le fwiyapen (fruit à pain), illustre parfaitement cette démarche qui mêle mémoire et modernité.
Elle récupère aussi d’anciens bijoux afin de les restaurer et de leur offrir une nouvelle vie.
Son travail met en lumière un patrimoine bijoutier encore méconnu, parfois passé inaperçu, alors même qu’il porte une identité martiniquaise forte et un savoir-faire unique.
Vous pouvez d’ailleurs la contacter si vous souhaitez contribuer à cette mission de mémoire collective.
5.La sortie de résidence
Adeline présentera le résultat de son travail lors de sa sortie de résidence, le 8 juillet prochain à 18h30, à la médiathèque du Saint-Esprit.
Vous pourrez également y découvrir nos créations réalisées durant les ateliers.
Car oui, il y en a eu deux… et elles méritent d’être vues ! ✨
Navrée il n'y en aura pas d'autres.
Vous pouvez la suivre et la contacter ici :
Elle a deux instagram :
La créatrice : https://www.instagram.com/calende__/
La chercheuse : https://www.instagram.com/martiniquebijouxheritage/